Un survival sur DS ? Au début on pourrait croire à une blague tant le fait est rare mais il est bel et bien là, Dementium : L'asile, jeu gore qui tente de se dresser comme référence dans le genre du FPS sur cette console. Premier jeu a avoir été interdit aux mineurs sur la petite portable de Nintendo, Dementium, sorti depuis de nombreux mois au Japon comme outre-atlantique suscitait déjà la curiosité avant sa sortie mais qu'en est-il donc vraiment ?

A peine la partie lancée, sans nous laisser le temps de respirer, le héros, sur un fauteuil roulant, est propulsé à très grande vitesse dans un couloir très sombre où il voit successivement cadavres, spectres et zombis. Sans pouvoir faire quoi que ce soit, nous sommes entraîné dans un trou qui donne dans une chambre d'hôpital. Déjà, première particularité, la cinématique d'intro se déroulant exclusivement à la première personne, nous ne connaissons ni notre nom, ni notre visage, ni notre but... Ça commence bien... Choix de Renegade Kid qui participe grandement à l'intrigue de ce soft... enfin... intrigue si l'on veut car les explications n'arriveront que lors de la cinématique finale. Au premier abord cela peut sembler être un défaut mais bien au contraire puisque l'ambiance à la fois sombre et mystérieuse s'appuie beaucoup sur cette absence apparente de scénario.
C'est donc dans cet hôpital ou asile si l'on en croit le titre que nous évoluons, au milieu de zombis pas très frais cherchant ce qui a bien pu se passer.
Eh oui car on s'en pose des questions : déjà, que fait cette petite fille sans pupille dans ce lieu ? Qui est cette femme que l'on voit plusieurs fois se faire froidement assassiner ? D'où viennent ces créatures venues d'un autre monde et que cherchent-elles ?
Voilà une bonne raison de vouloir aller au bout de ce titre.
Mais encore faut-il aimer les jeux sanglants car il est déconseillé aux âmes sensibles de s'aventurer au milieu des flaques d'hémoglobine et d'évoluer au milieu des cadavres mutilés. Vous l'aurez compris, le jeu fait peur : tout d'abord, l'ambiance sonore de ce Dementium est très bien réussie. On a le droit à des bruitages inquiétants, à des notes de piano et de carillon et à quelques souffles lointains. Jouer au jeu dans le noir avec des écouteurs permet de sérieusement se mettre la pression.
Mais surtout, procédé dont le jeu abuse : les zones d'ombre. Ici, nous sommes plongés dans l'obscurité et on ne peut pas voit à plus de quelques mètres, à moins d'être équipé de la lampe torche (dont la lumière a tendance à vaciller). Mais le problème c'est qu'on ne peut pas s'éclairer et se battre en même temps. Y a pas à dire, c'est vicieux. Ainsi, on est jamais tranquille et un ennemi caché dans un coin aura tôt fait de nous attraper par derrière avant même d'avoir pu brandir notre arme.

Pour nous protéger, nous aurons bien sûr le droit à un petit arsenal, composé d'une dizaine d'arme. Tous les moyens sont bons pour charcuter du zombi, la matraque, le revolver, le fusil à pompe, le sniper ou encore la tronçonneuse. Celle-ci s'avère d'ailleurs très efficace et jouissive. Ces armes s'utilisent comme souvent sur DS : on vise avec le stylet, on tire avec une gâchette qui varie selon que l'on soit droitier ou gaucher, on change avec l'autre gâchette. Simple mais efficace. A noter aussi que le héros récupérera un bloc note durant le jeu, lui permettant de noter des indices, le tout effectué au stylet.
Malheureusement, le jeu semble bien vite répétitif. Déjà, exemptées quelques trop rares escapades sur les toits, le jeu se déroule en intérieur, dans des lieux très peu variés, à l'instar des ennemis.
Ensuite, à vouloir faire gore, Dementium tombe véritablement dans la démesure et cela devient écœurant, surtout vers la fin. Fin qui arrivera très vite, en environ 6 heures, plus ou moins en fonction des joueurs, ce qui aussi à ajouter au nombre des défauts du jeu...
Mais alors, au final, que vaut véritablement ce Dementium ? Eh, on peut quand même dire que derrière cet aspect rébarbatif, l'effort réalisé au niveau de la réalisation est vraiment louable. Le jeu est en tout cas très beau graphiquement, pas forcement impressionnant, mais très beau. Certes, les textures changent peu d'une pièce à l'autre mais dans l'ensemble, ça reste très agréable (ça fait bizarre d'employer ce mot dans ce test !) à l'œil. De plus, peut-être le plus important dans un survival horror, l'ambiance est très bien rendue, grâce à une bande-son de qualité et à un scénario mystère qui fait monter le stress.
On pourra donc dire pour conclure qu'un habitué du genre (survival ou FPS) devrait y trouver son compte, malgré la durée de vie, tandis qu'un novice se tournera probablement vers des jeux plus accessibles dans un premier temps (On peut penser à Resident Evil : Deadly Silence et à Metroid Prime : Hunters sur la même console).

| Graphismes |
Des environnements trop peu diversifiés, c'est peut-être le seul gros défaut sur ce point. Le jeu est très détaillé dans l'ensemble. |
15/20 |
| Jouabilité |
Du classique pour un FPS DS, les habitués ne perdront pas leurs marques. |
16/20 |
| Durée de vie |
LE défaut du jeu. 6 heures pour un joueur moyen, jusqu'à 10 heures si on a peur d'avancer, ce qui peut arriver par moment, beaucoup trop pour ce titre si ambitieux. |
10/20 |
| Bande son |
Très épuré, la bande-son se veut inquiétante et c'est réussi. Voix, grognements et pluie battante sont au rendez-vous. |
16/20 |
| Scénario |
L'absence de scénario au début du titre peut s'interpréter de différentes manières : manque d'inspiration ou véritable choix du studio de développement, libre à chacun de penser ce qu'il veut. Il est tout de même indéniable que cela joue considérablement sur l'ambiance. La fin est relativement originale et introduit une suite. |
16/20 |
| Note Générale |
Même s'il ne brille pas sur tous les aspects, même si l'on sent que Renegade Kid manque encore d'expérience, on ne peut pas nier le fait que ce Dementium : L'asile s'impose comme référence du Survival-Horror sur DS. Malgré tout, il reste à réserver aux habitués, notamment à cause de sa violence. |
15/20 |
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