Fine fleur du FPS, Call of Duty, licence à succès, s'est installé sur Nintendo DS avec ce quatrième opus au succès énorme sur consoles de salon et PC.
Malheureusement, cette version portable est loin d'être à la hauteur et on ne peut être que déçu par le résultat final.
La console tactile a déjà prouvé qu'elle était capable de supporter de très bons jeux de tir, tels que Metroid Prime : Hunters ou même le plus récent Dementium : L'asile.
On aurait pu penser que la série Call of Duty saurait s'imposer comme référence sur cette console. Le jeu avait pourtant les mêmes bases que sur les autres consoles : exit la seconde guerre mondiale, bonjour monde moderne.
On incarne ici successivement Parker, un marine américain en mission sur le sol du Moyen-orient et un agent de l'élite britannique (SAS) dans des commandos en Russie et en Europe, tous deux ancrés dans la lutte contre le terrorisme.
On commence dans un camp de l'armée Américaine dans le désert pour un petit tutoriel, tout ce qu'il y a de plus banal. Ainsi, on apprend à tirer au M16, à lancer des grenade, à appeler un renfort aérien, à amorcer et désamorcer des bombes. On utilise l'écran tactile pour viser, pour choisir ses armes et pour zoomer dans un premier temps. Premier constat, le jeu a tendance à être trop réactif... ou pas assez. Ainsi, notre petit soldat a la fâcheuse habitude de zoomer tout seul ou de ne pas le faire quand il faut. Malgré cela, on s'y fait assez vite et on apprend à jouer dans ces conditions. Après avoir visé, on tire avec les gâchettes R et L, aucun problème ici.
Viens alors le moment de brancher/débrancher des explosifs, chose qui m'a agréablement surpris : pour ces deux choses un mini-jeu tactile est sollicité. Quoique plutôt simples ces petits passages qui ressemblent à des séries de puzzle game permettent de rompre avec les habitudes.
Notre entraînement terminé, nos camarades sont lâchement assaillis par une guérilla locale. Alors que notre camps subit de lourdes pertes contre des méchants pas très malins qui jettent des grenades contre des murs pour qu'elles leur retombent sur la tête, on fait nos premières victimes au milieu d'ennemis incapables de penser qui restent bêtement à découvert sans bouger.
Heureusement quelques gentils survivants américains réussissent à s'échapper à vos côtés.
Bienvenue dans l'horreur de la guerre.
On fait ensuite connaissance aux commandes d'une mitrailleuse au sommet d'un véhicule blindé avec un système couramment utilisé dans le jeu : le rail shoot (le véhicule avance tout seul, on se contente de tirer sur tout ce qui bouge). Même si toutes ces phases se ressemblent, elles sont néanmoins tendues et c'est le principal.
Débarqué au beau milieu d'une fusillade dans une ville qui semble relativement vaste, on déchante très vite : tout est scripté. Un seul parcours possible, les ennemis adoptent toujours la même "stratégie" (à savoir tirer d'abord réfléchir ensuite) et les snipers se trouvent toujours à la même place... Autant dire que la rejouabilité en prend un sacré coup ! Ne rêvez surtout pas, tout le jeu se déroule dans des couloirs, sans possibilité de chemins alternatifs !
Voilà à quoi se résume les trois quarts du jeu à pied : avancer, tirer, sans arrêt. La déception est d'autant plus grande quand on voit que les mini-jeux plutôt sympathiques présentés dans le tutoriel de début de jeu sont si rares, rendant cette progression linéaire encore plus frustrante.
Au final, c'est tout de même plus intense qu'une grille de Sudoku.
Car là ou le jeu répond aux attentes, c'est au niveau de l'intensité de l'action, car même si l'IA a un QI qui creuse dans les négatifs, il faut reconnaître que les terroristes sont nombreux et résistants ! Eh oui, il faut souvent vider un chargeur pour abattre l'un de ces méchants. Seule arme vraiment efficace, le sniper qui tue en un seul coup. Malheureusement on ne trouve cette arme que rarement. De plus, la localisation des dégâts est quasi inexistante ! Tirer dans un bras ou dans la tête ont donc pour la plupart du temps le même effet. Muni d'un sniper on peut donc tuer quelqu'un d'une balle dans le pied... Admirons cette logique implacable...
Parlons ensuite de nos alliés, eh oui on en a ! Enfin... on peut appeler ça comme ça. De véritables potiches qui ne servent qu'a nous ouvrir les portes (on ne peut pas les ouvrir nous même !) et à nous empêcher d'échapper à une grenade. On se retrouve donc souvent bloqué entre les vilains pas beaux et nos "amis", sans pouvoir se mettre à couvert. Enfin, clou du spectacle, dans une des dernières missions, nous sommes accompagnés par un autre soldat et, ensemble, nous devons résister aux assauts de super communistes russes qui ne rêvent que de faire sauter les USA à coups de bombes nucléaires. Classique.
On a alors deux possibilités : Soit notre copain ne bouge pas d'un pouce et nous laisse nous occuper des adversaires tous seuls, soit il fonce dans le tas comme un kamikaze, sans voir la grenade à ses pieds, nous obligeant à recommencer la mission du début.
Après avoir bien descendu le jeu dans les premiers paragraphes, il faut bien trouver des qualités à ce Call of Duty. Le pire c'est qu'il y en a plusieurs ! Le piètre résultat final est désolant quand on voit ces graphismes qui, sans être exceptionnels, sont variés et agréables à l'œil, quand on entend ces musiques majestueuses dignes de grands films Hollywoodiens (bien que cette mise en scène de la guerre ne soit pas du goût de tous), quand on voit ce scénario qui, en dépit d'être original, est plutôt prenant et quand on joue aux rares niveaux qui sont vraiment au-dessus du lot.
Pourtant, on trouve à côté de tout cela une jouabilité très moyenne, un multijoueur sans online très limité et une durée de vie ne dépassant pas les trois heures.
Difficile alors d'imaginer que ces chefs d'œuvres sur consoles de salons et PC sont bien issus de la même saga.

| Graphismes |
Moyen-Orient, Sibérie, sous-terrains, les décors sont variés et relativement bien rendus. On regrettera juste une sensation d'enfermement à cause des parcours scriptés. |
16/20 |
| Jouabilité |
Les bases du jeu étaient bonne : une utilisation simple mais efficace de l'écran tactile, des mini-jeux originaux, tout aurait pu très bien coller si ce malheureux zoom qui a tendance à se déclencher tout seul avait été moins réactif... |
10/20 |
| Durée de vie |
Environ trois heures pour finir le mode campagne, on ne prend aucun plaisir à recommencer, la plupart des missions étant ennuyeuse et répétitives alors que d'autres sont bien au-dessus du lot.
Le multijoueur est insipide et il manque le online... |
8/20 |
| Bande son |
Les voix ont beau être répétitives, on en tiendra pas rigueur tant les musiques épiques sont bien orchestrées rendant une mise en scène cinématographique du plus bel effet.
Certains bruitages sont tout de même assez moyens. |
16/20 |
| Scénario |
Les FPS sont rarement connus pour leurs scénarii incroyables. Call of Duty 4 n'échappe pas à la règle mais a le mérite de quitter la seconde guerre mondiale pour le monde moderne.
L'enchevêtrement des deux histoires du mode campagne peut par contre prêter à confusion. |
15/20 |
| Note Générale |
Call of Duty avait tout pour plaire mais sa jouabilité qui le plombe ne pardonne pas. Ce jeu est à essayer avant d'acheter, même si les inconditionnels de la série y trouveront leur compte. |
11/20 |
|
 |